LA CRISE, TOUJOURS À L’HORIZON…

Aucun doute, par conséquent, nous sommes bien en présence d’une vision d’ensemble, répondant en tout point à la volonté des milieux d’affaire de prendre totalement en main les destinées du pays. Des médias totalement enrégimentés par quelques grands groupes (je ne parle pas là des journalistes qui, dans leur immense majorité, voudraient échapper à cet embrigadement) accompagnent cette entreprise d’une propagande soutenue, la présentant comme la dernière chance de faire redémarrer l’économie et de redonner à la France toute sa place sur la scène internationale. Rien n’est pourtant plus contraire à la réalité.

L’emploi, dont on nous dit qu’il pourrait connaître une spectaculaire amélioration ? Non seulement la désarticulation du code du travail apparaît aux multinationales comme une aubaine pour enclencher de nouvelles restructurations et délocalisations (il s’en prépare à Castorama, à Engie ou à General Electric etc.), mais le chômage de masse, par-delà la variation des indices, n’a aucune chance de décroître véritablement. Comment en irait-il autrement, dans un contexte où la baisse du nombre des contrats aidés va ressembler à un gigantesque plan social, où la hausse de diverses taxes et de la CSG freinera substantiellement la consommation intérieure (selon l’Insee, les prélèvements obligatoires devraient s’accroître de 4,5 milliards d’euros, soit « moins 0,3 point à l’évolution du pouvoir d’achat »), où l’annonce d’une reprise va amener une série de chômeurs à revenir sur le marché de l’emploi, et où les entreprises n’ont pas procédé aux investissements qu’eût nécessité la destruction de capacités de production sur la décennie écoulée ? Les Échos du 20 décembre 2017 pouvaient ainsi écrire que « les créations d’emplois devraient passer d’un rythme de 150 000 par semestre à 70 000 environ dans la première moitié de l’année 2018 », ajoutant que « le taux de chômage ne devrait donc que peu reculer ».

La fameuse « reprise mondiale », dont on voudrait qu’elle amène les travailleurs à consentir de nouveaux sacrifices (ce 31 décembre, la directrice générale du Fonds monétaire international, Madame Lagarde, expliquait aux Français, dans les colonnes du Journal du dimanche, que l’amélioration de la conjoncture était « propice aux réformes ») ? Si elle est incontestable, depuis 2015, elle ne débouche cependant que sur une « croissance molle », comme disent les experts, tant les inégalités ne cessent de se creuser sous l’impact de la globalisation néolibérale, et tant la stagnation (pour ne pas dire la baisse) des salaires hypothèque les consommations internes aux différents pays. Surtout, la montée du niveau de l’endettement, celui des entreprises et des ménages bien plus que celui des États, favorisé par la politique dite « accommodante » des banques centrales en matière de taux d’intérêt (il atteint, selon la Banque des règlements internationaux, 275% du produit intérieur brut mondial), crée un risque majeur de nouvelle déflagration financière. D’autant qu’elle se conjugue à des facteurs telle que la hausse vertigineuse de la cryptomonnaie Bitcoin (dont le prix est passé, l’an dernier, de 1000 à 16 000 dollars), laquelle pourrait n’être qu’une gigantesque bulle spéculative, appelée à un éclatement dévastateur pour l’économie réelle. D’où l’avertissement du conseiller économique en chef d’Allianz, qui voit en 2018 une possible « année de tous les dangers pour la finance », si les États (européens en particulier) ne se dotent pas « davantage de mesures pro-croissance au niveau national tout en soutenant des efforts régionaux plus solides » et si les « banques centrales d’importance systémique » ne coordonnent pas « leurs stratégies en vue d’assurer la cohérence de leurs positions en matière de politiques monétaires » (Les Échos, 21 décembre 2017). Des propos qui rejoignent ceux d’Hervé Hannoun, ancien sous-gouverneur de la Banque de France : « Les apprentis sorciers ont construit un modèle de croissance basé sur la dette qui nous conduit tout droit vers le prochain krach financier. » Ce genre d’avertissements, venant de « spécialistes » de l’économie casino, mérite d’être médité…

L’Europe, dont Monsieur Macron nous assure que, grâce à lui, elle serait l’avenir de notre pays ? Face aux incertitudes qui planent sur les marchés, un nouveau choc financier en ferait immanquablement éclater toutes les contradictions. Au demeurant, les orientations en vigueur au sein de l’Union, sous l’impulsion de la Commission et du pouvoir conservateur allemand, ont interdit la convergence des économies, accentuant les fractures entre ses différents ensembles, avec les retombées que l’on sait, pour ne prendre que cet exemple, sur l’appareil productif français. Cette tendance ne peut que s’amplifier à la chaleur de la crise politique outre-Rhin (que la reconduction, in extremis, de la « grande coalition » CDU-SPD ne refermera certainement pas), de la montée en puissance un peu partout des pulsions identitaires, et de l’arrivée aux manettes dans plusieurs États de l’Est du continent de droites extrêmes souvent alliées à des formations d’extrême droite (on vient de le voir en Autriche) soufflant sur les braises des égoïsmes nationaux. Ce ne sont ni les transformations de la zone euro suggérées par Paris, ni la proposition d’une marche accélérée au fédéralisme qui remettront la construction communautaire sur les rails du progrès social et démocratique.

AVIS DE TEMPÊTE SUR LE GLOBE

On pourrait encore parler du dérèglement climatique, dont notre Jupiter élyséen aime à prétendre qu’il est devenu l’un de ses combats prioritaires. Il est plus simple d’adopter une posture avantageuse, tout en contraste avec l’irresponsabilité ravageuse d’un Donald Trump, que de déployer une orientation à la mesure du cataclysme auquel se prépare notre Terre. Les objectifs arrêtés par la COP 21 en 2015 s’avèrent dès à présent dépassés, et le gouvernement serait bien avisé de suivre les recommandations du dernier rapport du Programme des Nations unies pour le développement (mais on pourrait également évoquer l’appel de 15 000 scientifiques), en proposant à la communauté internationale de rehausser ses engagements en ce domaine.

Nous sommes, en effet, avertis : faute de faire vite émerger un nouveau modèle économique, moins consommateur de ressources naturelles et moins émetteur de CO2, neuf milliards d’êtres humains se verront confrontés à des problèmes gravissimes d’accès à l’eau dès 2050, c’est-à-dire demain. Du fait de ce que cela entraînera pour l’industrie et l’agriculture, comme pour l’alimentation et la santé des populations, il faudra alors affronter d’immenses phénomènes migratoires. Ce n’est certainement pas en faisant droit à la voracité des transnationales, par l’accélération en particulier des processus libre-échangistes ravageant déjà le globe, à l’image d’un Ceta que nos dirigeants comme ceux de l’Union européenne ont décidé de mettre en application sans même solliciter l’avis des citoyens, que l’on répondra à un pareil enjeu. Quant aux propos martiaux du président de la République et de son ministre de l’Intérieur concernant les réfugiés, ils se révèlent tout simplement stupides, inconscients ou dramatiquement cyniques…

Et l’on doit aussi parler de l’attitude d’Emmanuel Macron sur le théâtre international, dont il paraît qu’elle consisterait désormais à dire leurs quatre vérités aux potentats qu’il rencontre. L’humanité entre à présent dans une période de très grande instabilité, où la mondialisation marchande et financière ébranle partout les systèmes étatiques et disloque leurs régulations politiques internes, exacerbe les concurrences et appelle de nouveaux rapports de force entre puissances et ensembles géopolitiques, amène jusqu’à Washington au surgissement de figures aux desseins incertains et refont de la guerre et de la paix des questions cruciales. Andreï Gratchev, l’ancien porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev, insiste ainsi sur « l’hyperpoker » mondial que révèlent les tensions entre Occident et Russie : « La nouvelle ‘’guerre froide’’ me semble plus dangereuse du fait de la précarité des équilibres, alors que la précédente reposait sur la parité stratégique américano-soviétique, avec ses lignes rouges connues… » (La Presse nouvelle magazine, décembre 2017).

Fort de sa position de sixième puissance planétaire, aux valeurs universellement reconnues, notre pays n’est cependant pas condamné à l’impuissance et au renoncement où s’enferme, en dépit de ses gesticulations, notre monarque. Il pourrait agir en faveur de la réhabilitation de l’ONU, et de la convocation sous l’égide de celle-ci d’une conférence mondiale de désarmement nucléaire. Il lui reviendrait tout autant, eu égard à son influence dans cette région, de promouvoir une solution de paix et de démocratie pour un Proche-Orient une fois de plus au cœur de la tourmente et, tout particulièrement, d’opposer aux provocations américano-israéliennes concernant Jérusalem la reconnaissance par la France de l’État de Palestine ; cela constituerait un salutaire rappel que la coexistence pacifique des deux peuples résidant sur la même terre requiert qu’ils possèdent les mêmes droits nationaux. Il lui appartiendrait encore de pousser à l’ouverture d’une grande négociation en vue de l’instauration d’un système de coopération renouvelé et de développement solidaire, qui viendrait succéder à la Charte de 1945 des Nations unies, passablement dépassée quoique ses principes demeurent d’une actualité brûlante. Rien de tout cela ne figure à l’agenda des « marcheurs » qui nous dirigent.

SA FORCE ? NOTRE FAIBLESSE…

On me pardonnera ce long tour d’horizon. Il me semblait utile à la vérification que le macronisme ne répond en rien aux défis de la « modernité » dont il se prévaut. On ne peut être, « en même temps », le fondé de pouvoir d’une finance prédatrice, dont les membres ont été solennellement promus au statut de « premiers de cordée » à l’occasion d’un retentissant entretien télévisé, et incarner la perspective – si indispensable, on le voit sur chaque question abordée – de progrès social, de restauration républicaine, de retour sur la scène mondiale d’une France éprise de justice et d’égalité. Dit autrement, on ne saurait être l’incarnation de ce « renouvellement de l’élite par l’élite », dont a parlé un jour Éric Le Boucher dans l’une de ses chroniques de L’Opinion, et répondre aux aspirations de la population.

D’où vient alors que la popularité présidentielle se fût aussi spectaculairement redressée ces dernières semaines ? Manifestement pas de l’illusion qu’entretiendraient les Français envers l’orientation gouvernementale. Intuitivement, ils paraissent deviner qu’elle ne profitera qu’aux actionnaires et aux rentiers. À preuve, l’un des derniers sondages de l’Ifop révèle à quel point le retour en grâce de notre sémillant Prince s’avère fragile : tandis que 53% des personnes interrogées affirment leur confiance en l’action du gouvernement pour « réformer la France », ils sont 71%, pas moins, à la lui refuser lorsqu’est abordée la question de l’amélioration du pouvoir d’achat (Le Journal du dimanche, 7 janvier 2018). Si l’on interprète correctement la contradiction de ces résultats, c’est d’évidence de l’inexistence d’une issue qui leur apparaisse favorable, que nos concitoyens tirent le sentiment qu’il ne leur reste qu’à se résigner et à espérer, éventuellement, quelques retombées positives d’une politique qui n’est pas conçue pour eux. Le premier personnage de l’État en semble à ce point conscient qu’il insistait, dans ses vœux de fin d’année, sur le « grand projet social » qui l’animerait…

Si la solidité apparente de l’exécutif ne réside donc ni dans sa base sociale, qu’il n’a nullement élargie depuis la présidentielle et les législatives, ni dans une réelle adhésion de l’opinion, c’est qu’elle provient plutôt de la vacuité de ses opposants. De droite, Monsieur Wauquiez ne pouvant même plus se raccrocher à ses exhortations sécuritaires tant Gérard Collomb occupe ce sinistre créneau, et de gauche, lesquels offrent le plus souvent l’affligeant spectacle du délitement politique et idéologique. Le politologue Pascal Perrineau en brosse bien le tableau : « Ce qui fait surtout la force d’Emmanuel Macron, c’est la faiblesse incroyable de ses adversaires. Au fond, pour les Français, il n’y a pas d’opposition. Cette absence d’alternative empêche les interrogations de se cristalliser en refus, en contestation, l’opinion restant dans une interrogation bienveillante vis-à-vis du pouvoir » (Les Échos, 20 décembre 2017).

REBÂTIR, SUR LA DURÉE

Bien sûr, pour faire face, il va nous falloir résister pied à pied, accepter l’affrontement sur chacun des dossiers que le gouvernement entend ouvrir, savoir déjouer le piège de la sidération face à l’avalanche d’annonces destinées à décourager les mobilisations, mener la lutte secteur par secteur. Il ne s’en avérerait pas moins contre-productif de se réfugier dans les incantations, les appels tonitruants au combat ou la désignation, du haut d’analyses formulées ex cathedra, des prochains objets de confrontation. Les épreuves de force surgissent généralement là où on ne les attend pas. S’agissant, au surplus, du moment présent, c’est sur la durée que tout va se jouer et c’est la cohérence des stratégies en présence qui sera déterminante. Nous savons à quoi nous en tenir quant aux intentions du clan adverse, à nous donc de nous doter des instruments d’une riposte efficace.

Pour surmonter les divisions et permettre au salariat de ne pas céder au découragement après des années d’échecs, il importe tout d’abord de redonner au plus grand nombre confiance en son aptitude à décrocher des victoires. Avancer au bon moment les bons mots d’ordre, enraciner l’action dans les entreprises ou sur les lieux d’étude tout en trouvant des modalités adaptées de leur centralisation, appuyer dans cet effort les organisations syndicales en se gardant d’envenimer les fractures les affectant, nourrir chaque lutte de propositions à même de convaincre leurs participants que d’autres logiques sont possibles : tel doit être, à mon sens, l’état d’esprit.

Les terrains où concrétiser cette démarche ne manqueront pas, dans les prochaines semaines. Des conséquences des ordonnances Pénicaud aux batailles pratiques contre les licenciements et les délocalisations, de l’hôpital ou plus généralement des services publics menacés d’étranglement à la satisfaction des revendications des agents de l’État, des réformes en cours de l’institution scolaire et universitaire à la suppression de milliers de contrats aidés, de la catastrophique orientation de classe visant le logement social au garrotage des collectivités territoriales…

Soyons, cela dit, conscients que le mouvement populaire butte sur l’inexistence d’un débouché politique à la hauteur de ses attentes. L’aider à reprendre l’initiative, c’est en premier lieu lui permettre de s’appuyer sur une perspective aussi crédible que de nature à faire renaître une espérance. Se contenter, à l’inverse, de prendre le pays à témoin des forfaitures passées du social-libéralisme, et singulièrement du mandat de François Hollande, ne saurait suffire à rouvrir un chemin d’avenir. Le score de la candidature Mélenchon à la dernière présidentielle, pour prometteur qu’il pût apparaître, n’est pas à lui seul suffisant pour se lancer à la reconquête d’une majorité politique. Car les classes travailleuses et populaires doutent de leurs capacités à inverser le cours des choses, une large partie d’entre elles affrontent un profond désarroi, beaucoup se tiennent pour cette raison à l’écart de la politique, voire de l’engagement collectif. C’est la raison pour laquelle il convient de s’atteler à la reconstruction d’une gauche digne de ce nom.

VERS LA RECONSTRUCTION UNITAIRE DE LA GAUCHE

Tout doit, en cette matière, commencer par les contenus. Pour solder les comptes du passé, naturellement, mais également pour faire la démonstration, à grande échelle, que d’autres choix sont nécessaires et surtout possibles. À bien y regarder, il n’est guère difficile d’imaginer ce que pourrait être la plate-forme autour de laquelle pourraient se fédérer toutes les énergies disponibles. Ses axes découlent de l’offensive conjointe du Medef et du pouvoir.

Loin de se limiter à un catalogue de revendications immédiates, ils peuvent et ils doivent dessiner un début de cohérence alternative à la contre-révolution libérale, à partir de ce qui focalise les oppositions populaires. Une sécurité emploi-formation protégeant chacune et chacun du chômage en lui donnant accès à une formation qualifiante lorsqu’il perd son emploi… La redistribution des richesses, en commençant par l’instauration d’une fiscalité authentiquement progressive et la récupération de ce dont les placements spéculatifs privent la collectivité, afin de redonner à la puissance publique les moyens d’assurer les investissements productifs indispensables, de redéployer nos services publics, d’en finir avec l’austérité budgétaire et le démantèlement de la protection sociale… La mise en œuvre, articulée à la transition écologique, d’une grande politique industrielle assurant la relocalisation de l’économie… Un plan national d’aménagement des territoires, dans l’objectif de garantir l’égalité entre ceux-ci, d’en finir avec la relégation de la « France périphérique », de permettre à toutes les collectivités de recouvrer des compétences à la mesure de leurs missions, de refaire de la démocratie locale la base de notre construction républicaine… Un autre horizon pour l’Europe, sortant celle-ci des rets de l’ordolibéralisme et de la négation des souverainetés nationales et populaires, afin de refonder ses institutions, à commencer par sa Banque centrale, et de les réorienter vers la satisfaction des besoins sociaux, la création d’emplois durables et la conversion écologique des économies, le développement solidaire de ses diverses parties…

Chacun l’aura compris, il ne s’agit ici, de ma part, que de suggestions destinées à enrichir une discussion que je souhaite la plus large possible. Celle-ci ne peut se borner à des échanges entre forces politiques constituées, quoique qu’ils demeurent nécessaires, du fait du délabrement que nous lègue la période écoulée, comme du repli qui semble tenter certains courants. De fait, il serait fort hasardeux d’émettre un pronostic sur l’issue du prochain congrès du Parti socialiste, sur les rythmes de construction du mouvement lancé par Benoît Hamon, sur la réorganisation d’une écologie politique pour le moment exsangue, ou sur la volonté de la « France insoumise » de concourir à une relève collective de notre camp. Comme il n’est pas imaginable d’attendre, l’arme au pied, que se dissipe le brouillard, c’est à l’ouverture d’espaces de débats, d’élaborations et d’actions qu’il convient de travailler, sans plus perdre un instant. Dans cet effort de convergence, tous doivent pouvoir trouver leur place, partis et militants qui en sont issus, acteurs sociaux et culturels, hommes et femmes n’entendant pas renoncer à leurs convictions progressistes sans pour autant se retrouver dans une famille précise de la gauche.

Les « États-généraux du progrès social », initiés par le Parti communiste et dont la première étape a été fixée au 3 février, en région parisienne, procède de cette démarche. À travers des ateliers destinés à mutualiser réflexions et expériences de terrain (autour des thématiques de l’industrie, du logement, de l’utilisation de l’argent, des services publics, du travail et de l’emploi), puis sous la forme d’une assemblée plénière qui s’emploiera à dégager des propositions politiques dans le cadre de la centralisation recherchée des combats, ils doivent favoriser une première convergence plurielle. Pour les communistes, qui ont eu le courage de se lancer dans une telle tentative, ils seront de surcroît un élément du débat préparatoire au congrès extraordinaire prévu pour l’automne, dont l’objet doit, à mes yeux, offrir au PCF les moyens de servir mieux encore la gauche, le peuple et la France.

Pour me résumer, l’heure n’est certainement pas à l’organisation d’une retraite. Après tout, nous allons cette année célébrer le cinquantième anniversaire de Mai 68. Une occasion de nous souvenir que l’on perd à tout coup les batailles que l’on n’a pas livrées, et que la force du nombre, qui est du côté de ceux « d’en bas », finit toujours par déjouer les calculs de « ceux d’en haut », qui possèdent et dominent, mais ne demeurent jamais qu’une infime minorité. Mes vœux politiques, pour 2018, seront donc de détermination et de combativité…