Tout, dit autrement, sonnait faux dans le propos du chef de l’État. L’annonce que 2013 serait l’année de l’inversion de la courbe du chômage, quand l’ensemble des prévisionnistes assurent le contraire… Autant que l’assertion selon laquelle la crise de l’euro se trouverait derrière nous, alors que jamais autant de noirs nuages ne se sont accumulés sur les pays ayant adopté cette devise… Ou encore la promesse de la réforme bancaire dont le Parlement devrait délibérer prochainement, Finance Watch disant avec raison qu’elle ne ferait qu’ajuster le fonctionnement du système « à la marge » tant on est loin de l’engagement initial à séparer drastiquement activités de dépôt et activités spéculatives. Sans parler de ce qui s’avérera peut-être le plus important dans les prochaines semaines, l’appel insistant à un accord entre « partenaires » sociaux à l’occasion de la négociation en cours, négociation à propos de laquelle le secrétaire général de Force ouvrière vient de tout résumer en accusant les ministres concernés de vouloir amener les syndicats à accepter « de la flexibilité pour qu’ils puissent la reprendre dans la loi sans qu’ils en soient responsables »

Ne tournons pas autour du pot, au rendez-vous d'une politique enfermée dans le carcan ultralibéral du traité budgétaire européen et dans celui d’un « pacte de compétitivité » constitué d’un nouveau et faramineux cadeau fiscal au patronat, il ne peut y avoir ni création massive d'emplois, ni réindustrialisation de nos territoires, ni relance de l'activité, ni redressement du pouvoir d'achat venant donner de l’air au marché intérieur, ni redistribution des richesses permettant à la puissance publique de favoriser l’investissement, de redéployer les services publics ou d’assurer la transition écologique de l’économie. Au lieu du « cap » qui nous est annoncé, nous filons hélas droit à la récession, à la multiplication des licenciements et des délocalisations, à l'augmentation concomitante du nombre des chômeurs, au développement de la précarité et de la pauvreté.

Les seuls vœux que l'on puisse donc, en ce début d’année, formuler est que 2013 voit la la contre-offensive du monde du travail, du peuple de gauche et de la jeunesse. Car, à l’inverse de ce dont a tenté de nous convaincre François Hollande, c’est la désespérance que nourrissent les reculs consentis face à une infime minorité qui possède déjà tout mais veut toujours davantage. L’espoir, lui, naît seulement du combat pour en finir avec les privilèges, pour arracher de belles avancées sociales, pour conquérir l’égalité et la justice.

À la gauche qui entend demeurer fidèle à ses principes de repartir à la bataille. C’est, au fond, ce que le président de la République vient de nous confirmer : cette année, ce sera à la mobilisation et au rassemblement populaires d'imposer le changement à une aristocratie de l’argent à l’arrogance devenue tout simplement insupportable, comme à des gouvernants obstinément sourds aux attentes de leurs mandants.

Le temps pressant, aucune énergie ne doit manquer à l’appel… Qu’elle se revendique des traditions socialiste ou écologiste, qu’elle nous apporte le concours du dynamisme et de l’inventivité des militants du mouvement social, ou qu’elle provienne de citoyens sans appartenance organisationnelle mais soucieux de conjurer la fatalité de désastres succédant à des victoires électorales prometteuses...

C’est au service de cette grande ambition que le Front de gauche va lancer, en ce mois de janvier, sa grande campagne nationale contre l’austérité. Avec, pour premier temps fort, un grand meeting le 23 janvier, à Metz, aux confins de cette vallée de la Fensch où la lutte des travailleurs de Florange se poursuit pour soustraire l’industrie sidérurgique à ce requin de la finance qu’est le sinistre Monsieur Mittal.

Mes vœux, mes amis, seront en conséquence pour vous dire que rien n’est perdu, loin de là. Le changement reste à gagner et 2013 ne sera pas, elle ne doit pas être, pour cette raison, une année de relâche !