AU-DELÀ DES RESSEMBLANCES ET DES DIFFÉRENCES

Il n’est évidemment pas dans mon intention de me livrer ici à un exercice de nostalgie d’un temps où le prolétariat, galvanisé par l’unité de ses organisations et mobilisé dans ses usines occupées, faisait trembler ses adversaires, jusqu’à contraindre le grand patronat à accepter, dans les accords de Matignon, des concessions qui devaient considérablement changer les conditions de vie dans ce pays. Le monde s’est, depuis, profondément transformé.

Certes, dans les années 1930 également, il se voyait plongé dans un contexte de craquements et de convulsions, qui devait ultérieurement déboucher sur la Deuxième Guerre mondiale. Bien sûr, à l’époque aussi, la France se trouvait en proie à la décomposition de sa République, laquelle devait, le 6 février 1934, se traduire par la tentative factieuse d’assaut sur le Palais-Bourbon. Sans doute, avant le réveil social né du refus de la menace fasciste, « les travailleurs français revenaient-ils de loin, comme devait l’écrire Daniel Guérin, à l’époque l’une des figures de la gauche socialiste. Ils avaient derrière eux de longues années de division, d’impuissance, d’inorganisation, de désaffection à l’égard des syndicats et des partis, et les jeunes une totale ignorance de l’action économique ou politique » (in Front populaire, révolution manquée, Maspéro 1976).

Les similitudes s’arrêtent néanmoins là. Avec la globalisation, le capitalisme est entré dans un nouvel âge de son développement, l’autorisant à réorganiser de fond en comble l’ordre productif et les modes d’exploitation du salariat. De la puissance concentrée d’une classe ouvrière en expansion rapide et polarisant les confrontations politiques et sociales, on est passé à une extrême fragmentation du salariat, à une différenciation de ses statuts posant, en des termes entièrement nouveaux, l’épineux problème de la construction d’un bloc majoritaire des forces sociales intéressées à la transformation de la société. Et si, de nos jours, la mondialisation marchande et financière a fait à une large échelle la démonstration qu’elle n’était porteuse que d’une terrible régression civilisationnelle, le socialisme et le communisme sont sortis si étrillés de leurs défaites du siècle passé qu’il leur faut reconstruire entièrement leur puissance dynamisatrice du combat des travailleurs.

Et je ne parle même pas de cette rupture de tradition que constitue le ralliement de tout un pan du mouvement ouvrier aux théorèmes du libéralisme dominant, quand ses organisations s’accordaient au moins, par le passé et malgré les lourdes divergences stratégiques qui les séparaient (la fameuse opposition entre « réformistes » et « révolutionnaires »), sur la visée d’un dépassement du capitalisme. Reste que, malgré tout, la secousse du printemps 1936 n’est pas dépourvue d’enseignements de très grande portée pour nos engagements d’aujourd’hui.

RETOUR SUR UN TOURNANT DE L’HISTOIRE FRANÇAISE

Avant d’en arriver au vif du sujet, il n’est pas inutile de se remémorer l’enchaînement des faits qui, en une paire d’années, devait bouleverser la réalité de la France.

Le traumatisme engendré par la tentative de coup de force des Ligues le 6 Février, l’impréparation des partis de gauche et des syndicats ouvriers à y faire face dans un premier temps, l’exigence d’unité s’exprimant à la base et dans la rue à l’occasion notamment de la journée de grève et de manifestations du 12 février 1934…

La multiplication, au cours des jours suivants, d’initiatives et structures unitaires, tel le célèbre Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, processus aboutissant à la signature d’un premier pacte d’unité d’action le 27 juillet 1934, l’initiative en revenant à un PCF ayant eu le courage de bousculer les crispations anticommunistes de l’état-major de la SFIO…

Le tournant concomitant de l’Internationale communiste, abandonnant la tactique « classe contre classe » et le combat prioritaire contre le « social-fascisme » (autrement dit, les partis sociaux-démocrates), sur fond de rapprochement recherché par l’Union soviétique avec les démocraties occidentales…

L’accord, le 11 janvier 1935, de dix organisations (dont le Parti radical) pour former le Rassemblement populaire, à partir d’un programme expurgé de très nombreux engagements alors portés par les socialistes et les communistes…

La réunification, en mars 1935, d’une CGT éclatée entre « confédérés » et « unitaires » depuis le premier conflit mondial et la Révolution russe…

L’élan populaire suscité dans tout le pays, avec à l’arrivée l’élection de 338 députés de la coalition (contre 220 issus de la droite)…

Le basculement du rapport des forces à gauche, les radicaux abandonnant leur position jusqu’alors prépondérante (avec la perte de 51 sièges), au profit du Parti socialiste (passant de 131 à 147 élus), et surtout du Parti communiste (bondissant de 11 à 72 sièges)…

Le démarrage des grèves, avant même l’investiture du cabinet de Léon Blum et à l’initiative de la métallurgie parisienne, se succédant sous la forme de vagues successives en juin et juillet, jusqu’à concerner près de deux millions de travailleurs…

La formation, le 6 juin, d’un gouvernement sans participation communiste, se proposant en premier lieu de faire aboutir les accords de Matignon, ces derniers prévoyant la reconnaissance du droit syndical, le principe des contrats collectifs, l’institution de délégués ouvriers élus, ainsi qu’un réajustement des salaires s’échelonnant de 7% à 15% pour les catégories défavorisées…

La mobilisation ouvrière venant bousculer les limites imposées au programme du Rassemblement populaire par la pression du Parti radical, amenant l’équipe Blum à faire voter, par sa majorité parlementaire, deux avancées fondamentales : la semaine des 40 heures et les congés payés…

La « pause », rapidement décrétée par l’équipe gouvernante devant la contre-offensive des forces de droite et des classes possédantes, se conjuguant avec la non intervention aux côtés de la République espagnole et ouvrant la voie au reflux des années 1937-1938, reflux symbolisé par la chute à deux reprises des gouvernements Blum…

L’épuisement progressif de la combativité de la classe ouvrière, en dépit du redémarrage sporadique des grèves à plusieurs reprises, jusqu’en 1938…

L’agonie finale de l’expérience, marquée par l’entrée en fonction d’un gouvernement Daladier resté célèbre par ses décrets-lois préfigurant la politique raciale de Vichy, sa remise en cause des conquêtes de 1936, sa répression des mouvements sociaux, et la mise hors-la-loi du PCF à la faveur de la conclusion, dans une Europe filant à toute vitesse vers la guerre, du Pacte germano-soviétique…

Que la grande espérance de Mai et Juin 36 se soit achevée sinistrement avec le vote, par un grand nombre des parlementaires élus sous l’étiquette du Front populaire, des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, ne saurait conduire à ignorer que, des mois durant, la France vécut à l’heure d’une promesse de transformation comme elle n’en a plus connue par la suite, si l’on fait naturellement exception de sa renaissance républicaine de 1944, sous l’égide du programme du Conseil national de la Résistance. Peut-être pas l’irruption révolutionnaire qu’avait cru entrevoir Léon Trotsky, dans un article célèbre du 9 juin 1936 (« La Révolution française a commencé », in Le Mouvement communiste en France 1919-1939, Les Éditions de Minuit 1977). Probablement pas non plus la situation que Marceau Pivert, le leader de l’aile gauche de la SFIO (regroupée sous le nom évocateur de Gauche révolutionnaire), pensait favorable à « un changement radical à brève échéance » (dans son papier intitulé « Tout est possible » du Populaire du 27 mai 1936). Mais, à tout le moins, la levée en masse exceptionnelle d’un peuple travailleur entrevoyant, à travers l’épreuve de force l’opposant à la classe dirigeante, qu’un autre avenir se révélait concrètement envisageable, libéré de la tutelle insupportable des banques et des maîtres de forges.

La prise révolutionnaire du pouvoir n’était manifestement ni à l’ordre du jour dans les consciences, ni posée par les modes d’organisation des luttes. Force est cependant de relever que l’élite d’alors avait perdu le contrôle du pays, que les grèves accompagnées de l’occupation des entreprises marquaient une incontestable mise en cause du droit de propriété patronal, et que le basculement d’un large pan des classes moyennes du côté du mouvement ouvrier faisait de ce printemps 1936 bien davantage que le conflit revendicatif que beaucoup, historiens ou figures du camp progressiste, s’attachèrent ultérieurement à dépeindre.

DES LEÇONS D’UNE IMMENSE PORTÉE…

Parce que l’enthousiasme populaire de cette période porte, jusqu’à nos jours, témoignage qu’il n’existe pas de « fin de l’histoire » ou d’« horizon indépassable » que représenterait le système capitaliste… Et parce que la conjugaison d’un changement de majorité politique et de l’affirmation de la puissance dont peut, à certains moments, disposer le monde du travail s’avère de nature, hier comme aujourd’hui, à balayer les tentations de la résignation et de la soumission… Ce moment, à l’intensité exceptionnelle, recèle au moins quatre leçons de grande portée pour nos combats d’aujourd’hui.

La première concerne, c’est l’évidence, l’importance cruciale de l’unité pour que s’enclenche un processus porteur de renouveau dans la société. Dans les années 1930, l’aspiration à la convergence des luttes et des organisations naquit « d’en bas », de la perception du danger que représentait la vague fasciste atteignant l’Hexagone, après avoir submergé l’Italie et l’Allemagne. Elle s’imposa à des partis ouvriers s’affrontant jusque-là durement, amena à la réunification du syndicalisme puis, en retour, avec des élections remportées sur l’idée que le nouveau gouvernement ne serait pas cette fois du côté du capital, galvanisa l’envie d’en découdre chez les salariés.

En second lieu, c’est la dynamique même de ce « front unique » enfin réalisé qui permit que les attentes du plus grand nombre se voient ouvertes un débouché et une victoire politique. En d’autres termes, c’est grâce à leur convergence que les principales forces de la gauche trouvèrent les moyens d’apporter une réponse à une crise française marquée par l’échec des orientations déflationnistes conduites au lendemain du krach de 1929, l’essor du chômage et des inégalités, la désagrégation de la III° République autant que du système de représentation politique. Ce n’est pas pour rien que Marceau Pivert, dans l’article évoqué précédemment, soulignait que les masses « attendent beaucoup ; elles ne se contenteront pas d’une tisane de guimauve portée à pas feutrés au chevet de la mère malade ».

De la même façon, les avancées arrachées en quelques semaines de mobilisation n’auraient sans doute pas été envisageables sans que la construction politique victorieuse dans les urnes ait été préparée en coopération avec les organisations du mouvement social et démocratique. Si, bien sûr, seuls les partis participèrent à la compétition électorale de 1936, le Rassemblement populaire solennellement proclamé le 14 Juillet de l’année précédente, au stade Buffalo puis sur la place de la Nation, incluait les composantes principales du syndicalisme, les forces agissant en défense des libertés, ainsi que les structures antifascistes. Ainsi, chacun avait-il eu le loisir de débattre des choix programmatiques proposés aux électeurs, dans le respect de ses spécificités et de ses missions propres.

Enfin, c’est uniquement grâce à l’action sociale, à une grève générale ayant marqué de son empreinte indélébile l’histoire de la nation, que purent être bousculées les limites initialement mises aux ambitions du Front populaire. Sous l’influence notamment de radicaux se prévalant de leur influence sur les « classes moyennes », la plate-forme défendue devant le pays ignorait, entre autres, des objectifs aussi fondamentaux que la réduction de la durée du travail, la défense de l’école laïque, ou encore ces « réformes de structure » supposant notamment la nationalisation des principaux monopoles, objectifs pourtant largement défendus à gauche et dans le syndicalisme. C’est grâce à la colère des usines que Léon Blum dut faire adopter les 40 heures et les congés payés, en complément des accords de Matignon.

… VALABLES POUR NOS COMBATS PRÉSENTS

Que, de l’entre-deux guerres à la période que nous vivons, les situations se soient complètement modifiées, n’infirme nullement l’actualité de ce que porte l’expérience du Front populaire.

Lorsque l’essentiel est en jeu, lorsque le pire se fait menaçant, il est de la responsabilité des forces affichant une certaine idée de la gauche de ne pas se laisser enfermer dans le témoignage. Il est certes aisé et, pour tout dire, assez confortable de dénoncer les trahisons des autres, de camper sur la pureté de ses positions de principe. Reste que cela enferme inexorablement dans l’impuissance, donc dans une marginalisation stérile. Il convient, au contraire, d’oser prendre des risques, de savoir proposer des perspectives à la fois crédibles et de très haut niveau.

Sans l’union des forces vives du camp progressiste, la conquête d’une majorité du peuple se révèle généralement impossible à atteindre. Il n’en est pas moins vrai que la dynamique de ladite union dépend de son contenu, lequel doit redonner confiance au monde du travail comme aux énergies citoyennes. En 1936, le Front populaire se fracassa finalement sur le « mur de l’argent », et les gouvernements de Léon Blum tombèrent à deux reprises, face au refus du Sénat de droite de leur accorder les pleins pouvoirs financiers, parce qu’ils ne s’étaient pas donnés les moyens de reprendre le contrôle de la Banque de France et des banques privées qui retiraient alors leurs dépôts d’or du Trésor public.

Et, à huit décennies de distance, toutes les tentatives de changement mettent en lumière une constante : aucune dynamique ne peut voir le jour, aucun processus transformateur ne peut se révéler durable sans l’intervention du mouvement populaire, sans la prise en compte des aspirations montant de la société, sans la confrontation exigeante et publique des projets traversant la gauche. L’espoir cède toujours la place au découragement, et au retour de divisions mortifères, lorsque le plus grand nombre ne recouvre pas pratiquement la maîtrise de son destin. Pour ne prendre que le cas de la France, ce trait s’est vérifié durant les trois dernières décennies du siècle écoulé. C’est dans la mesure où le peuple n’est pas venu changer la logique froide du jeu institutionnel que l’Union de la gauche des années 1970 et 1980, ou encore la victoire électorale de la « Gauche plurielle » en 1997, ont in fine débouché sur de très lourds échecs.

NE JAMAIS MÉPRISER LES LEÇONS DE L’HISTOIRE

Si j’ai choisi de faire ce détour par l’histoire, quitte à infliger aux plus jeunes le long rappel d’événements lointains, c’est qu’à beaucoup d’entre nous trop de choses sont devenues insupportables.

Insupportable d’entendre tomber des lèvres distinguées de nos oracles médiatiques l’assertion que la gauche se trouverait dorénavant condamnée à faire de la figuration. Insupportable de voir certains s’ébaubir d’une « recomposition » qui ne fait qu’étrangler un peu plus la démocratie, dès lors qu’elle repose sur l’avènement de formes politiques procédant, à l’instar par exemple du mouvement « En marche ! », non de la délibération contradictoire de leurs adhérents, mais de personnages se posant en sauveur. Insupportable d’écouter une omniprésente « pensée unique » nous vanter ce fameux « cercle de la raison », qui ne laisse aux citoyens d’autre choix que la résignation aux normes régressives de la globalisation, et qui ne se reconnaît à cette fin pour seul adversaire qu’une extrême droite repoussante par le nationalisme ethnique qu’elle professe. Insupportable, dans ce contexte, d’assister au spectacle affligeant d’une gauche qui se fracture dans une compétition suicidaire pour les quatrième et cinquième places au soir du 23 avril, résignée qu’elle apparaît du même coup à ne plus porter une perspective de pouvoir.

Résumant sa vision de la situation, Jean-Luc Mélenchon vient de nouveau d’utiliser l’image du « casse-noix », qui prendrait le Parti socialiste en étau entre l’aventure du macronisme et la « France insoumise ». Ce qui l’amène à son tour, comme Monsieur Macron, ce qui n’est pas un moindre paradoxe, à préconiser l’abandon de la référence à la gauche : « Mon défi n’est pas de ‘’rassembler la gauche’’, étiquette devenue bien confuse ; il est de fédérer le peuple. Je ne veux pas de tambouilles à l’ancienne. (…) Vous n’avez pas besoin d’être de gauche depuis un siècle pour être d’accord avec moi. Personne ne se renie en votant pour moi. Les indécis sont la clé du vote : c’est eux que je veux convaincre » (interview au Journal du Dimanche du 2 avril).

Approche pour le moins problématique, qui obscurcit le projet même du candidat. Ce que je déplore, comme tant des nôtres, au nom de ce qui constitue le fond commun de notre engagement en faveur d’un autre ordre du monde. Car s’il existe bien un « casse-noix », c’est plutôt celui qui prend notre peuple dans les mâchoires d’un redoutable piège : entre le « no futur » auquel le condamnent les politiques d’adaptation aux exigences de la finance, et le renoncement à la conquête d’une majorité qu’induisent la division et les oppositions fratricides à gauche. Quant aux repères nés des luttes de nos anciens, il est extrêmement dangereux de s’employer à les brouiller en un moment où la droite ne s’est jamais voulue aussi à droite depuis la Libération, et où l’extrême droite n’a en rien renoncé à ses fondamentaux fascisants.

Partout où notre camp s’est laissé enfermer dans ce genre d’impasses, il a purement et simplement cessé d’incarner, autrement que dans les mots, un autre avenir possible. En Italie, en Autriche, en Hongrie, il a presque disparu de la scène politique. En Espagne, l’inexistence d’une offre à la fois rassembleuse et déterminée à remettre en cause l’austérité a permis au parti conservateur de se maintenir aux affaires, bien que le suffrage universel l’ait mis en minorité. En Grande-Bretagne et en Allemagne, il faudra manifestement beaucoup de temps pour surmonter les destructions du blairisme et du schröderisme. Arrêtons ici l’énumération, et soyons-en conscient : quelle que fût la radicalité de son « exception » républicaine, la France n’est pas à l’abri d’une déréliction dont l’effet de souffle serait dévastateur pour tout le continent.

Rien ne nous y condamne pourtant. Avec les clarifications positives qui ont commencé de s’opérer au sein de la social-démocratie française, grâce à la volonté de la gauche d’« en bas » de rester fidèle à ses idéaux, parce qu’il existe maintenant des convergences suffisantes à la conclusion d’un « contrat de majorité » qui nous permettrait de disputer le second tour de la présidentielle et d’être de nouveau portés par une dynamique de victoire, persévérer dans la voie des sectarismes croisés serait, de la part de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, prendre une responsabilité tragique.

Ils doivent donc s’en sentir plus que jamais motivés, celles et ceux qui se battent actuellement pour l’union autour d’un pacte pour l’emploi supposant la sortie de l'austérité, d'une redistribution audacieuse des richesses passant par la prise du pouvoir sur la finance, de l’indispensable réindustrialisation des territoires, de la conversion écologique de l’économie, de nouveaux droits et de nouvelles protections pour les salariés, d'une VI° République démocratique et sociale, d'une France qui reparle aux peuples d’Europe et du monde. Jusqu’au dernier instant, il leur faut continuer de faire prévaloir le souci de l’intérêt général.

Mépriser les leçons du passé, c’est en général se condamner à en revivre les défaites, pour ne pas dire les tragédies. S’en inspirer, c’est à l’inverse tirer profit de ce qu’elles peuvent nous enseigner pour rouvrir le champ des possibles. C’est ce qui m’a conduit à écrire cette longue note…