Le ralliement de Manuel Valls à la candidature d’Emmanuel Macron a au moins une vertu : elle clarifie la situation et les enjeux de la séquence électorale en cours. Comme vient de l’indiquer mon camarade Pierre Laurent, « ce choix sonne le regroupement de tous les responsables des renoncements du quinquennat et de la division de la gauche, autour d'une candidature dont les orientations de droite sont désormais clairement affichées ».

Voilà qui devrait déciller bien des yeux. La gauche tout entière fait face à un danger mortel. Tout, à présent, prouve que son élimination du second tour de la présidentielle, donc sa marginalisation certaine pour de très longues années, condamnerait le peuple français à choisir la moins pire des catastrophes qui le menacent : entre une extrême droite dont la victoire étranglerait la République, une droite plus déterminée que jamais à liquider ce qui subsiste de l’héritage du Conseil national de la Résistance, et la grande coalition des tenants « macroniens » de l’austérité et du libéralisme qui ravagent l’ensemble de l’Europe.

Il n’est qu’un moyen de déjouer ce piège mortel : l’unité ! Les postures dilatoires, les prétextes tacticiens, les calculs à courte vue et les logiques hégémoniques se révèlent pour ce qu’elles sont : irresponsables, pour ne pas dire criminelles. Il s’avère aussi absurde, d’un côté, d’imputer à Benoît Hamon le bilan du quinquennat de François Hollande que de vouloir, de l’autre, entrer dans une compétition avec Jean-Luc Mélenchon pour savoir… qui occupera la quatrième place au soir du 24 avril.

Une seule candidature est nécessaire, si l’on veut que la gauche ne devienne pas une force résiduelle, ayant renoncé à porter une ambition majoritaire au service du plus grand nombre de nos concitoyens. D’évidence, au vu des convergences d’ores et déjà existantes entre les candidatures Hamon et Mélenchon, et même s’il ne sera pas possible de surmonter les différences existantes, un pacte commun en quelques points est possible, pour répondre à l’urgence sociale, écologique et démocratique.

Un sommet de toute la gauche et de ses deux candidats s’impose dans les prochains jours pour en discuter. Là encore, je rejoins l’appel que vient de lancer Pierre Laurent, ce 29 mars. Mais c’est la pression citoyenne qui va s’avérer déterminante. Les différents appels en faveur du rassemblement ont raison de proposer de nouvelles initiatives samedi prochain. Faisons-nous entendre partout…