« PERSONNE NE PROPOSE DE PRIMAIRES AU FRONT DE GAUCHE »

Jean-Luc Mélenchon candidat pour 2012: vous ne devez pas être étonné...

- Non, cela fait un moment que la discussion sur les candidatures est ouverte au Front de gauche. Sans crispation outrancière. Le PCF avait ouvert un appel à candidatures, André Chassaigne a dit sa disponibilité. Jean-Luc Mélenchon officialise maintenant sa mise à disposition auprès du Front de gauche. Son annonce permet d’accélérer notre travail collectif pour nous mettre en ordre de bataille pour 2012. Nous devons travailler pour proposer un candidat à la présidentielle, des candidats aux législatives et une méthode pour une campagne collective. Il est important que le Front de gauche s’identifie par sa diversité.

Cela signifie-t-il que vous voulez accélérer le calendrier pour choisir le candidat Front de gauche ?

- Gauche unitaire tiendra son congrès les 4, 5 et 6 février, au cours duquel nous discuterons de la tenue d’un vote, probablement au début du printemps, sur les candidatures. Il nous faut évidemment tenir compte des rythmes de décision de chacun.

D’ici la décision finale, à partir du programme partagé que nous sommes en train de finaliser, le Front de gauche doit porter le débat en direction de toute la gauche sur les choix politiques. Face à l'exaspération populaire contre la droite, à la révolte contre le système libéral, une partie de la gauche paraît tétanisée, encore prête à accompagner ce système en faillite. Le peuple de gauche est décontenancé par ces atermoiements et la logique délétère des primaires au PS.

Vous aussi devrez départager plusieurs candidats. Une sorte de primaire du Front de gauche, en somme ?

- Personne ne propose des primaires au Front de gauche, on ne veut surtout pas entrer dans ce mécanisme de casting. Les primaires du PS impliquent une prise de distance des candidats avec leur parti. Cette mise en sène du choc des egos est profondément dépolitisante. C’est la négation de la politique comme aventure collective. Au Front de gauche, nous débattrons pour savoir qui réunit le plus de qualités pour porter le plus fort possible notre parole et incarner notre dimension collective. Nous refusons la personnalisation et le présidentialisme.

Le PCF est-il vraiment prêt à renoncer à un candidat communiste à la présidentielle au profit de Mélenchon? Et vice-versa pour le PG ?

- Depuis deux ans que le Front de gauche existe, on nous a toujours dit que nous allions éclater. Il y a inévitablement des débats, des frottements, des crispations, mais nous avons prouvé que nous pouvions surmonter ces difficultés. Nous allons traverser cette période sans problème. André Chassaigne et Jean-Luc Mélenchon ont indiqué leur choix de s’inscrire dans une ambition collective.

Et puis, nous abordons les élections de 2012, présidentielle et législatives, comme un «paquet». Le Front de gauche n’aura pas un candidat, mais des centaines. Personne n'y perdra. Il n’y a aucune raison de ne pas poursuivre notre démarche des européennes (2009) et des régionales (2010).

Mélenchon a dit vouloir s’adresser «à d’autres», comme «ceux du NPA». Un rapprochement avec votre ancien parti est-il encore possible ?

- Le NPA a un choix à faire. Est-ce qu’il privilégiera sa logique d’incantation et de dénonciation du reste de la gauche, est-ce qu’il maintiendra sa position d’isolement gravissime? Ou acceptera-t-il enfin de s’inscrire dans une construction pluraliste pour changer la donne à l’intérieur de la gauche? Nous verrons mais les déclarations de ses dirigeants ne me laissent pas très optimiste et je déplore tout ce qui concourt à disperser les énergies.

Je reviendrai prochainement sur les questions effleurées dans cette interview, notamment à propos du congrès de GU...